Revue Sources

La Communauté de Bose (Italie du Nord) est une communauté monastique de frères et de sœurs qui, jour après jour, cherchent à vivre les exigences de l’Évangile dans leur beauté et leur radicalité, à travers le célibat et la vie commune.

Les membres de la communauté appartiennent à différentes Églises chrétiennes: la majorité sont catholiques, mais plusieurs réformés en font partie et une sœur orthodoxe prend également part à cette vie. Bose, qui est donc à la fois mixte et œcuménique, compte actuellement environ quatre-vingts religieux: quarante-cinq hommes et trente-cinq femmes. À travers leur existence, les moines et les moniales de Bose transmettent assurément quelque chose de leur foi à ceux qui les côtoient, qu’ils soient hôtes réguliers ou visiteurs de passage. Cette transmission, qui n’est pas le but premier de cette vie en communauté mais en est comme un fruit, naît de l’intention des frères et des sœurs de se situer dans la compagnie des hommes et des femmes de leur temps et de se mettre à leur service.

Bose ne se pose ici en aucun cas comme modèle, mais peut simplement donner le témoignage de la foi qui anime ses membres. A Bose, aucun effort spécifique n’est fourni pour proposer concrètement la foi. Mais c’est à travers l’authenticité de ce qu’ils vivent entre eux que les chrétiens – et en particulier ceux qui partagent une vie communautaire – rayonnent éventuellement vers d’autres une étincelle de l’espérance qui les anime. En effet, avant de se transmettre par des mots, la foi passe davantage par le témoignage d’une vie reconnue comme belle et heureuse. C’est parce que notre quotidien manifeste que ce qui nous fait vivre ensemble colore notre existence de beauté et même de bonheur que nous parvenons aussi à transmettre, par notre existence même, quelque chose de crédible concernant la foi qui nous anime. S’agirait-il là d’une manière somme toute égoïste de concevoir la transmission de la foi? C’est bien davantage l’idée selon laquelle on ne peut communiquer à d’autres que ce que l’on vit concrètement dans sa propre personne. Et qui est appelé à se propager de proche en proche.

Une grande attention alors est portée à Bose sur la qualité, la sobriété et l’esthétique des temps de prière et de célébration.

Cela passe bien entendu par une dimension proprement humaine qui rappelle notre enracinement et notre cheminement quotidien avec le Seigneur qui s’est lui-même fait homme pour partager et vivifier notre propre existence humaine. Mais cela se traduit aussi par le partage d’une vie commune qui est sans doute une des aspirations fortes de nos contemporains, si souvent tiraillés entre les appels de l’individualisme et l’ouverture démesurée de la mondialisation. La transmission de la foi passe aussi par la célébration quotidienne de la liturgie, mémoire orante de la relation fondamentale qui nous lie les uns aux autres et, en premier lieu, au Seigneur qui a appelé chacun d’entre nous à cette vie de louange et d’intercession. Pour proposer la foi et offrir l’intuition d’un mystère, la beauté d’une prière commune est parfois plus persuasive que de nombreux discours, aussi savants et brillants soient-ils! Une grande attention alors est portée à Bose sur la qualité, la sobriété et l’esthétique des temps de prière et de célébration.

De manière plus prosaïque, des rencontres touchant la Bible ou diverses thématiques de spiritualité sont aussi régulièrement proposées à ceux qui souhaitent y participer. Mais pour les frères et les sœurs de Bose ce n’est encore qu’une occasion de transmettre à d’autres ce qu’ils vivent eux-mêmes. Communauté monastique, Bose n’a aucun mandat pastoral. Elle ne constitue qu’une petite oasis dans le désert où les pèlerins assoiffés peuvent venir partager un brin de fraîcheur ou une goutte d’eau. Le temps d’une brève halte, avant de reprendre la route.


Le frère Matthias Wirz, de nationalité suisse, est membre de la Communauté de Bose, fondée par Enzo Bianchi, dans le Nord de l’Italie.

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