Revue Sources

Propos de table au soir de la clôture du synode des évêques qui s’est tenu à Rome au mois d’octobre dernier: « Alors? un scoop? Quelle est la proposition phare qui ressort de ce synode?« , interroge l’ami d’un participant. La réponse ne tarde pas: « Le Christ!« . Voilà donc notre programme d’année, programme pastoral de haute teneur, nécessitant une connexion à haut débit!

Rien de nouveau à l’ouest!, direz-vous… C’est vrai. « Le Christ est le même hier et aujourd’hui et pour l’éternité » nous rappelle l’auteur de la lettre aux Hébreux (13,8). Et pourtant, c’est bien le même Christ qui par son Esprit fait toutes choses nouvelles. C’est le même Christ qui depuis deux mille ans met ses disciples en mouvement pour annoncer à temps et à contretemps la Bonne Nouvelle d’une vie plus forte que la mort. Alors, pourquoi une telle année de la foi? Certainement pour nous permettre de redécouvrir cette nouveauté du Christ, à l’œuvre dans nos vies. Pour recevoir à nouveaux frais ce don de Dieu qu’est la foi. Pour enraciner plus fortement notre agir dans ce dialogue intime avec Dieu. Pour recontacter avec la joie de témoigner des merveilles de cet amour gratuit… Bref, pour retrouver le goût du Christ et le goût d’être chrétien, ensemble.

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, le Christ n’est pas seulement à annoncer, il se donne d’abord à rencontrer dans les autres, les plus pauvres, les prisonniers, les pèlerins, dans sa parole, partagée.

Qui dit Christ, dit rencontre. Il a balisé le chemin. Jésus n’a été que rencontre. Il est allé à la rencontre de ses contemporains, mais il s’est aussi laissé rejoindre sur le chemin, interpeller. La vie de l’Eglise ressemble à celle de Jésus. Elle continue d’aller à la rencontre de tous, d’inventer de nouveaux chemins, de dresser la table de la rencontre et de créer des espaces de dialogue et de partage.

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, le Christ n’est pas seulement à annoncer, il se donne d’abord à rencontrer dans les autres, les plus pauvres, les prisonniers, les pèlerins, dans sa parole, partagée. Encore faut-il le reconnaître! Pour cela, il faut un cœur et des yeux. Notre cœur n’était-il pas tout brûlant? Combien de fois avons-nous connu cette ivresse sereine, cette joie profonde, cette trace indélébile d’une présence cachée au creux de l’instant qui suit une rencontre. Quelques mots partagés, un sourire, un repas entre amis, un service rendu? Un excès d’amour et de communion qui porte la marque de cette promesse d’évangile: « Moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20)?

La proposition de la foi, la nouvelle évangélisation ne sont rien d’autre que l’exhortation à risquer ce partage dans lequel se donne à reconnaître le Christ. Lui qui le premier a donné sa vie pour ses amis. Alors, « n’ayez pas peur!« .

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