Revue Sources

Dominique Ziegler: Calvin. Un monologue, Labor et Fides, Genève 2017, 52 p.

J’aurais préféré prendre part à une représentation théâtrale de ce «Monologue» plutôt que d’en lire la version papier. Faute de grives, il a donc fallu que je mange du merle. Viande exquise, en l’occurrence.

L’auteur est fils de qui vous savez, sans être pour autant un «fils à papa». Qualification pas très bien reçue dans le milieu gauchiste genevois. Mais pourquoi donc ce Ziegler junior s’est-il intéressé à Jean Calvin? Mystère à élucider.

Sa pièce se présente comme une récit à la fois impitoyable et touchant du parcours de vie du réformateur de Genève. Nous surprenons Calvin à monologuer face à la dépouille mortelle de ce petit Jacques que lui avait donné son épouse Idelette. Une relation sous forme de confession, sans doute conforme à la vérité des faits, mais revisitée par l’auteur.

Résultat: sarcasmes et ironie, entrecoupés de louanges et même d’affection. Une énigme difficile à démêler. Cette pièce sera applaudie par un public unanime, mais qui rassemble deux groupes de spectateurs bien typés: les adulateurs du réformateur et ceux qui le vouent aux gémonies. En filigrane, une critique des mœurs de la Genève contemporaine. Elle ne surprendra pas les lecteurs de Jean Ziegler. Mais est-ce suffisant pour s’exclamer: «Tel père, tel fils»?

G.Musy

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