Revue Sources

Aldo Maria Valli, Carlo Maria Martini. L’histoire d’un homme. Traduction de l’italien par Gabriel Ispérian, Ed. Saint-Augustin, 2012 Saint-Maurice, 262 p.


Le 31 août dernier mourait à Milan, non pas un Père conciliaire, mais sans nul doute un Père de l’Eglise contemporaine. Ce Jésuite exégète à qui Jean-Paul II avait confié le siège épiscopal de saint Ambroise marqua de sa pensée et par son action pastorale son immense diocèse lombard, Un simple signe: les éditions suisses Saint-Augustin ont traduit et publié quelques 40 ouvrages qui portent sa signature. A dire vrai, le cardinal n’en maîtrisait pas le nombre.

Le livre du journaliste Valli, paru quelques mois avant le décès de Martini, vient bien à propos pour tracer l’itinéraire de ce pasteur hors du commun. L’auteur recourt à ses fréquents entretiens avec l’archevêque pour nous offrir comme un florilège ou un compendium de ses meilleures déclarations. Elles concernent autant son diocèse et l’Eglise italienne où il affichait clairement sa différence d’avec le Président de la conférence épiscopale que l’Eglise universelle pour laquelle il plaida jusqu’à sa mort en faveur d’un nouveau concile qui aurait répondu aux questions laissées en suspens ou écartées par Vatican II. Un souffle d’espérance émane de cet homme. Elle prenait source et s’alimentait dans l’Ecriture que le cardinal ne cessait de prier, de commenter et de partager. De là son invincible optimisme face à la culture moderne et contemporaine, décriée par d’autres prélats. De là aussi sa constante disponibilité à dialoguer sans à priori avec des non croyants, auxquels il ne demandait pas de penser comme lui, mais de penser avec lui.

Une grande voix s’est tue. D’aucuns auraient souhaité qu’elle se fit entendre depuis le palais apostolique. Une perspective qui peut être ne correspondait pas au plan de vie que Martini s’était lui-même tracé. Il aimait répéter qu’il y quatre étapes dans une existence chrétienne: un temps pour apprendre, un temps pour enseigner, un tems pour prier et, finalement, un temps pour mendier. Quelle étape franchissait notre cardinal au moment du dernier conclave réuni en avril 2005?

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