Revue Sources

Ce sont les sans culottes de 1789 qui nous ont hissés sur le chariot de la démocratie, après qu’ils eurent fait un sort à leur «monarque». Depuis lors, nous nous laissons, non pas voguer, mais bringuebaler sur ce landau vétuste. Vaille que vaille, il faut bien le reconnaître. Gouvernement du peuple, par et pour le peuple, proclament les admirateurs irréductibles ; Imposture et Comédie, vocifèrent ceux qui connaissent les astuces et les ficelles des manipulateurs, connus ou anonymes, qui font dire au peuple – belle abstraction! – ce qu’ils veulent qu’il dise et comment ils désirent qu’il le dire. Nous serions bien empruntés toutefois de mettre au rancart ce vieil équipage, après plus de deux siècles de bons et moins bons services. Alors que les contrefaçons actuelles le caricaturent et le discréditent. Que ce soit en Afrique ou la démocratie prend la forme de dictatures héréditaires ou dans les nations émergentes où le mépris des droits humains s’enrobe d’une logorrhée aux accents des Lumières.

Le diable se serait-il affublé d’un froc d’ermite pour devenir fréquentable?

Et voilà le populisme, dont tout le monde parle aujourd’hui! Cure de jouvence pour les vieux démocrates? Ou alors, nouvelle imposture? Le diable se serait-il affublé d’un froc d’ermite pour devenir fréquentable? Plusieurs articles de ce dossier sont dus à la plume d’experts particulièrement compétents. Ils nous aident à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. L’envergure politique et philosophique de ces intervenants non seulement nous honore, mais garantit le sérieux de leurs propos.

Notre regard porte sur la société civile, évidemment. Aurions-nous pu faire la même analyse sur cette société qu’on appelle Eglise? Elle s’est toujours refusée d’appliquer à son mode de gouvernement les diverses formes qu’emprunte le pouvoir civil. Donc, ni démocratie, ni populisme, ni monarchie, ni dictature… Reste que le pouvoir ecclésiastique est exercé par des humains. Ils ont pu être influencés par des modèles laïcs. Nous avons connu des papes autocrates, condamnant les libertés individuelles; d’autres ont fait preuve d’ouverture à la collégialité. D’autres encore ont combattu la dictature athée, tout en demeurant conciliants face à d’autres régimes totalitaires. Quant aux papes populistes… No comment!

Une seule exception – mineure – à cette réserve éditoriale: la législation dominicaine. Elle fait l’objet d’une note particulière de ce dossier. Le cas est assez original pour qu’il en soit ici question. Et comment ne pas y faire allusion dans une revue qui se veut «dominicaine»?


Frère Guy Musy, dominicain, rédacteur responsable de la revue «Sources».

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