Revue Sources

Avec celle de la vieille année, la Famille dominicaine de Suisse fermera aussi la porte des célébrations du huitième centenaire de l’Ordre des Prêcheurs. La Suisse ne fut pas en reste pour marquer cet événement. Petit parcours de ces manifestations jubilatoires, sans doute éteintes, mais dont la mèche fume encore.

Zurich

A Zurich, au «Zentrum Karl der Grosse», proche du Grosmünster où prêcha le réformateur Zwingli, le frère Adrian Schenker a parlé  de la première traduction allemande de la Bible, effectuée par un Dominicain de cette ville. Notre revue a déjà fait mention de cet événement.

A Zurich encore, ce fut la première représentation de la pièce théâtrale «Kloster zu vershenken», créée pour la circonstance. Vingt-trols représentations ont suivi en Suisse alémanique. Feu d’artifice final à Rome au cours de janvier 2017.

Avec la communauté locale, la famille dominicaine zurichoise et alémanique s’est retrouvée Zur Prediger, la plus ancienne église dominicaine sur le sol helvétique, devenue en 1524 lieu de culte réformé. A quelques reprises, les frères et leurs amis et amies y chantèrent des Vêpres solennelles qui, en novembre, mirent le sceau final aux manifestations du jubilé. 

Bâle

Etonnamment, dans la cité rhénane qui connut très tôt une implantation dominicaine, ce furent des associations culturelles qui donnèrent le ton à notre jubilé.  Il fut marqué par des conférences, une exposition et des concerts sur le site du célèbre couvent de moniales de Kleines Klingental fondé en 1274, devenu de nos jours un important musé bâlois.

Berne

Toujours en Suisse alémanique, mais proche des Marches romandes, nos frères de Fribourg se sont déplacés à Berne pour chanter Vêpres dans notre ancienne église, devenue entre-temps temple protestant mis au service de la communauté francophone de la ville fédérale.

Cazis

A Cazis, dans les Grisons, nos sœurs choisirent de célébrer le jubilé à Bologne, auprès du tombeau de saint Dominique. Toutes les sœurs s’y déplacèrent.

Fribourg

C’est sans doute à Fribourg, ville qui héberge deux couvents de frères, que le jubilé fut le plus retentissant.

L’année jubilaire avait été inaugurée par la parution d’un numéro spécial de notre revue Sources, le dernier d’une longue série imprimée, avant que le numérique ne prenne le relais.

Le 12 avril, à St.Hyacinthe, célébration des amitiés – séculaires! – entre Franciscains et Dominicains, avec la conférence du frère capucin Niklaus Kuster sur nos deux fondateurs. Conférence suivie des Vêpres et des agapes qui accompagnent traditionnellement ce genre de rencontres entre  «mendiants».

Le 2 juin, toujours à St.Hyacinthe et à l’église voisiner du Christ-Roi, célébration «officielle» du jubilé: celle des deux couvents fribourgeois et celle de la Province dominicaine suisse. La fête rassembla la famille dominicaine romande et de très nombreux amis et amies de l’Ordre. Les festivités débutèrent par deux conférences sur les origines dominicaines et sur l’architecture de nos couvents (cf.le numéro d’automne de notre revue Sources), suivies de la messe présidée par notre évêque Charles Morerod OP et d’un «apéritif dinatoire» digne de ce nom.

Deux colloques universitaires célébrèrent également à Fribourg le jubilé de l’Ordre. Le premier, dans le cadre du Forum de Fribourg: «Eglise dans le monde» s’intitulait: «800 ans  mission et dialogue interreligieux dans la tradition dominicaine» avec les interventions de trois frères professeurs à la Faculté de Théologie de Fribourg et d’autres venus de Bordeaux, d’Helsinki et de Berlin.

Le second colloque était plus directement consacré à la mémoire des Trappistes de Tibhirine assassinés il y a vingt ans. Mais notre frère Jean-Jacques Pérennès rappela le souvenir de Pierre Claverie assassiné lui aussi cette même année. Le spectacle «Pierre et Mohamed», présenté à cette occasion, rappela aussi le souvenir de ce Dominicain hors du commun qui fut évêque d’Oran. Faut-il ajouter que nos jeunes frères étudiants se sont fortement  impliqués dans ces journées et ont contribué à leur réussite.

Estavayer

Proches de Fribourg, les moniales dominicaines d’Estavayer concoctèrent leur propre programme de manifestions jubilaires. Elles vont se poursuivre tout au cours de l’année 2017. C’est qu’à la commémoration des huit cents ans de l’Ordre est venue se greffer celle des sept cents ans de leur monastère. Un livre édité cette année retrace les étapes de cette histoire passionnante.

Estavayer est situé en Romandie. Mentionnons donc le pèlerinage des Fraternités Laïques dominicaines de la partie francophone de Suisse vers Sienne et surtout vers Bologne.

Genève

Enfin, least but not last, la journée jubilaire du couvent de Genève le 8 septembre à Coppet. Plus précisément à l’église de cette bourgade vaudoise, convertie elle aussi en temple protestant. Un couvent dominicain s’édifiait à cet endroit, fondé dans les dernières année du 14ème siècle et supprimé en 1536 avec l’arrivée de Bernois protestants et conquérants. Le pèlerinage se fit en bateau depuis la rade de Genève, avant de rejoindre l’église pour un premier contact. Un repas à la salle communale accueillit une soixantaines de convives. Il fut suivi de deux conférences à l’église sur l’architecture et l’histoire de ce lieu. Puis, la chant des Vêpres de la Nativité de la Vierge. Le grand «Salve» et l’antienne «O Lumen» résonnèrent à nouveau sous ces voûtes vénérables, après un silence qui a duré quasi cinq siècles. Moment d’intense émotion. Un soleil radieux sur un lac lisse accompagna les pèlerins.


 Guy Musy op, Rédacteur responsable de la revue Sources

 

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