Revue Sources

L’audace du partage. Parcourir l’ensemble de l’évangile de Marc et non seulement quelques péricopes, entendre des récits jamais présentés dans la liturgie, accéder ainsi à une nouvelle compréhension du Christ perçu plus globalement sous les différents visages de son parcours de vie terrestre… parvenir à une certaine familiarité avec Jésus et sa manière d’agir, de penser, d’opérer des miracles, de parler avec autorité, de prendre position, d’être toujours en chemin… voilà quelques fruits cueillis dans ce contact vivant avec la Parole.

Cette expérience s’est aussi révélée positive parce qu’elle est créatrice de liens fraternels, œcuméniques, intergénérationnels. Elle a permis de dépasser certaines craintes et de vivre l’audace du partage et du témoignage, au-delà des confessions. L’échange en groupe a également permis de mettre en mots et de thématiser des sujets, il a renforcé l’écoute des participants, ouvert une dynamique spirituelle reliant Parole et vie, rendant chacun témoin de l’action de Dieu dans la vie de l’autre. Ce partage invite à poursuivre cette aventure de la Parole.

Approfondir la communion ecclésiale

L’évangile est appelé à se propager et devenir Parole vivante pour tous. Il s’offre comme expérience de communion fraternelle apte à fonder la conscience, progressive, d’une «appartenance» à l’Eglise, Corps du Christ en croissance. Au fil des récits, la découverte de Jésus permet de le rencontrer, personnellement, et, à travers lui, d’accueillir son invitation à le suivre avec d’autres, libérant ainsi en nous notre capacité d’aimer et de rejoindre le monde en besoin du Sauveur. Cette suite du Christ, l’évangile la donne à lire comme étant celle d’un groupe de disciples. On n’est pas disciple tout seul, mais en «église», une communion d’hommes et de femmes «convoqués» par la Parole à croire au Christ et devenir son Corps. La Parole et la foi en Christ fondent la communion des disciples. La lecture de l’évangile dans un partage mutuel permet à chacun de s’ouvrir à la foi. La «porte de la foi» s’entrebaille, quand l’évangile est annoncé et accueilli. Il s’agit d’aider et accompagner les personnes à vérifier comment et à quelles conditions, leurs actions sont menées «selon le Christ». Ce qui fait l’importance d’un tel itinéraire, c’est notre persévérance à proposer des expériences d’«église». La communion s’expérimente en se recevant les uns les autres comme membres d’une communauté par l’écoute croyante de la Parole.

Une vague de fond

Il y va de notre liberté spirituelle, car la Parole nous fait advenir à notre identité profonde et nous met en contact intime avec le Christ.

Il y va de la vitalité de nos communautés chrétiennes, car les Écritures sont bien plus fécondes que toutes nos stratégies pastorales et aptes à susciter du neuf dans nos paroisses, unités pastorales, mouvements et lieux de vie.

Il y va de l’humanisation et de la divinisation de nos contemporains, car la Parole déborde le cadre de nos Églises: elle appartient à notre patrimoine universel; elle inspire les réponses éthiques, artistiques et humaines aux défis qui se posent à nos sociétés, que ce soit dans le domaine de l’économie, de la politique, de la science et de la culture. Elle vient y insérer le ferment d’éternité qui n’attend que d’éclore et d’être porté à maturité.


Béatrice Vaucher, responsable du département de la formation de l’Eglise catholique du canton de Vaud (Suisse), a coordonné l’équipe diocésaine qui a adapté et mis en place ce qui était à l’origine une initiative importée de diocèses français. La démarche, qui se poursuit cette année encore par la lecture de l’Evangile selon saint Luc, a été présentée dans de précédents numéros de Sources. Cet article en donne une brève relecture pastorale.

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