Revue Sources

Je rédige cet éditorial ce matin pluvieux de Toussaint. Non pas en contemplant le paradis peint par Fra Angelico où dansent en ronde les anges et les saints, mais dans le clair obscur d’une ville qui n’est plus à la fête aujourd’hui depuis que Calvin décrocha les images de ceux et celles que nous appelons les élus de Dieu. Ce qui ne m’empêche pas de fredonner l’antienne latine du jour: «Gaudeamus omnes!». «Réjouissons-nous tous ensemble!».

Oui, réjouissons-nous avec cette cohorte de bienheureux qui nous ont précédés. Beaucoup de monde dans ce cortège disparate: des premiers de classe bien sûr, des grandes et belles dames, mais aussi des culs-de-jattes, des bouffons, des innocents, tous ceux que le monde juge «moins que rien». Et tous dans la joie, même au cœur des larmes, des trahison et des persécutions.

Notre dossier relève souvent l’épithète «paradoxale» pour qualifier cette joie singulière, quand il lui arrive d’ignore le rire, l’humour, la gaîté et bien sûr la gouaille. Une joie qui au dire de Jésus est un est un pur cadeau de sa part, offert à ses amis dûment auréolés, mais aussi à ceux qui ne figurent pas sur les listes ecclésiastiques officielles. Un calembours courait pendant mes jeunes années. Deux choses allaient m’étonner en entrant au paradis: la première était  celle de m’y voir et la deuxième de ne pas y rencontrer ceux que je pensais avoir tous les droits d’y pénétrer.

Ce dossier «joyeux» apporte aussi une note de lumineuse clarté après la grisaille des deux derniers dossiers consacrés, on s’en souvient, au mensonge et au doute. Nous aimerions finir l’année sur cette note à la fois grave et légère. Notre pensée va vers ceux qui souffrent, mais sans éprouver quelque apaisement du cœur. Mais aussi nous rendons grâce pour tous les autres qui sécrètent une «joie imprenable» au milieu de leurs tourments. Ils nous consolent et nous fortifient..

Dans la joie «paradoxale» du Noël qui vient. Entre un bœuf et un âne gris, un enfant pauvre nous sourit.

Fr.Guy Musy op 

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