Revue Sources

Jean-Claude Guillebaud: «La foi qui reste», L’Iconoclaste, Paris 2017, 242 p.  

Heureux de me retrouver quasiment à chaque page de cet essai. Mon réseau social n’a pas l’envergure de celui de Guillebaud, mais plusieurs auteurs cités dans son livre sont pour moi des références de premier plan. D’accord aussi avec ses remises en questions, ses doutes, sa détestation du cléricalisme, mais aussi avec son amour des recommencements, de «l’aurore aux doigts de rose», quand au matin l’espoir reprend des couleurs.

Journaliste et éditeur, voyageur sans être gyrovague, Guillebaud effleure les sujets plus qu’il ne les analyse, se mettant ainsi à la portée des chrétiens de mon espèce et de ma génération, en connivence avec leurs doutes comme avec leurs convictions, ne craignant pas au passage de se dédire et de se contredire, rejetant aujourd’hui des opinions autrefois joyeusement proclamées ou simplement partagées.

Il y a quelque chose des «Retractationes» d’Augustin dans ce livre. La foi, comme la vie, n’a rien de figé. Elle est toujours en quête de découvertes joyeuses ou déconcertantes, en route vers «la vérité toute entière», sans retour, ni régression.

Dans la galerie des portraits admirés par l’auteur, on ne s’étonnera pas d’y rencontrer Péguy et Bernanos, Zundel et le pape François, mais alors Maurice Bellet, son ami et confident, et même les frères dominicains du couvent St.-Albert de Montréal. En particulier, Benoît Lacroix que Guillebaud eut encore la chance de croiser de son vivant. Autres indices du bienfait de cette lecture qui m’a ramené chez moi.

Guy Musy

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