Revue Sources

Max Engammare, Prêcher au XVIe siècle. La forme du sermon réformé en Suisse (1520-1550), Ed. Labor et Fides, Genève 2018, 270 p.

L’auteur, chercheur associé à l’Institut d’Histoire de la Réformation de l’Université de Genève, était tout indiqué pour écrire ce livre au sujet très pointu. Une nouvelle fois, le prêcheur signataire de cette recension s’est laissé séduire par le titre de l’ouvrage qui lui faisait espérer de lire l’un ou l’autre sermon prononcé par les Réformateurs de sa terre natale. Il a dû déchanter. En fait, cette étude ne concerne que la forme et le sujet de ces prédications et non leur contenu. Lecture austère et savante, quoique non dépouillée d’intérêt. Le recenseur s’est surtout attardé au cas de Genève.

Une constante: les Réformateurs des villes suisses passaient le plus clair de leur temps à prêcher. En semaine comme le dimanche, et même deux à trois reprises ce dernier jour qui est aussi «le premier de la semaine». Renonçant au lectionnaire «papiste» qui suivait l’ordre des dimanches et des fêtes, ils commentaient dans leurs prêches un livre biblique dans sa intégralité et d’une façon continue. Calvin ne s’éloigna pas de cette discipline, même le jour de Noël. A vrai dire, les fêtes comptaient peu pour le réformateur de Genève. Seuls fêtes mobiles retenues, Noël et l’Ascension étaient «renvoyées» au dimanche la plus proche de la date de leur célébration traditionnelle. Sans parler de Pâques et Pentecôte toujours commémorés un dimanche. L’auteur cite (p.191) un extrait d’un sermon de Calvin du 25 décembre 1550, traitant de «bêtes enragées» les fidèles qui, plus nombreux que de coutume, s’étaient rendus à l’église ce jour-là.

Comme les autres prédicateurs réformés, Calvin pensait accomplir un ministère«prophétique» en prêchant. Il ajoutait aussi celui d’«admonester» le Magistrat laïque. Ce qu’il ne manquait pas de faire à l’occasion.

Guy Musy

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