Revue Sources

La foi est un don de Dieu et, dans ce cas, peut-on envisager de la transmettre? La réponse est à la fois négative et positive. Je ne peux pas transmettre le don de Dieu: c’est l’Esprit qui le fait! Par contre je peux amener à une meilleure compréhension et intelligence de ce don et de la Parole que Jésus Christ nous a révélée. Et c’est là l’œuvre de la pédagogie religieuse.

Le contenu à enseigner

La pédagogie fait appel à la dimension de l’apprentissage. Les questions qui sont posées sont celles de savoir ce qui doit être transmis, comment et par qui.

Le contenu de la pédagogie religieuse paraît tout simple: c’est la Bonne Nouvelle éclairée par la Tradition. Ces trois mots paraissent bien simples et pourtant… Jésus lui-même, pédagogue-modèle, a connu un bon nombre de difficultés pour faire comprendre à ses disciples le contenu de la Bonne Nouvelle. Il semble donc que cela n’aille pas de soi.

Premièrement, cela suppose d’avoir soi-même acquis l’intelligence de ce que l’on veut transmettre, c’est-à-dire d’avoir une connaissance suffisante des différents éléments, de leur contexte et de leur signification. En d’autres termes, si je dois expliquer à des enfants ou des jeunes un texte du Nouveau Testament, d’un Père de l’Eglise ou d’un Maître spirituel, cela suppose une réelle exégèse du texte pour en apprécier le contexte, le sens donné aux termes utilisés, la signification à l’époque de son écriture et aujourd’hui. Sans cela, on peut affirmer de façon inconsciente des contre-vérités, des erreurs historiques, philosophiques ou théologiques ce qui est dommageable pour l’auditeur.

Deuxièmement, comme le disait saint Thomas, il convient de transmettre ce que l’on a soi-même contemplé: le contenu enseigné doit, en plus d’avoir été assimilé par l’intelligence, être prié, contemplé et assimilé par la foi du catéchiste. En effet, les enfants et les jeunes sont très sensibles à l’authenticité du témoignage du catéchiste et à sa cohérence (entre ce qu’il dit et ce qu’il fait mais aussi entre les différents éléments qu’il affirme).

La méthode

Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir une grande variété de méthodes éducatives. Il s’agit de s’appuyer sur ces méthodes et de les exploiter le mieux possible comme le suggère Vatican II.

Les enfants passent la plus grande partie de leur temps à l’école et, en Suisse Romande, les méthodes pédagogiques sont assez variées: les manuels conseillent vivement les méthodes centrées sur l’élève et sur ses apprentissages et insistent sur la capacité de l’élève à construire ses savoirs à partir de ce qu’il sait déjà. Toutefois, dans la réalité, on voit que les méthodes sont variées. Il y a les traditionnelles (le maître enseigne, les élèves écoutent… ou pas), les behavioristes (les bons comportements sont récompensés), les constructivistes ou autres. Le catéchiste qui souhaite transmettre un savoir, un savoir-faire et/ou un savoir-devenir doit en tenir compte. Les élèves ne restent plus des heures à écouter un adulte et apprennent par des canaux très diversifiés. Ce qui permet à des enfants ayant des formes d’intelligence qui ne sont pas seulement « intellectuelles » d’apprendre aussi à leur façon. Un catéchiste doit donc tenir compte de cela pour planifier ses interventions et les varier pour que la majorité de son auditoire puisse avoir une chance d’apprendre.

Le catéchiste est envoyé comme un semeur. Il annonce la Bonne Nouvelle, mais sans attendre de récolte.

Un catéchiste est donc appelé à préparer le contenu qu’il souhaite transmettre. Pour le faire, il doit:

–    Déterminer le savoir, le savoir-faire et le savoir-devenir qu’il veut transmettre en restant réaliste et en vérifiant que le contenu soit adapté à l’âge et au groupe auquel il s’adresse (on ne peut pas tout dire à la fois, en fonction du lieu, de la situation et des événements précédents ou à venir, il faut souvent adapter ce qui est pensé à son auditoire).

–    Choisir la méthode pédagogique qui convient le mieux (pour une nouvelle thématique complexe, un travail de groupe est inapproprié alors qu’un exposé est plus adéquat; pour connaître ce que les élèves savent déjà, un travail en petit groupe est plus adéquat, etc.).

–    Vérifier que les élèves ont atteint les objectifs d’apprentissage qui ont été fixés par des questions, un exposé, des dessins, etc.

Un catéchiste à l’écoute de Dieu

Dans le domaine de la foi, les enfants et les jeunes ont une proximité à Dieu qui nous surprend souvent. Le catéchiste doit être à l’écoute:

–    de l’Esprit qui est celui qui donne et qui soutient la démarche de la foi.

–    de l’enfant, pour tenter de comprendre ce que l’enfant dit de Dieu et de relever tout le positif de son expression religieuse (il n’est pas nécessaire que les enfants aient une précision terminologique; il est essentiel par contre qu’ils soient capables d’avoir un dialogue avec Dieu même si les mots ne sont pas adéquats)

–    de l’Eglise qui l’envoie en mission pour être un relais entre elle et le croyant.

Le catéchiste est envoyé comme un semeur. Il annonce la Bonne Nouvelle, mais sans attendre de récolte. Sa tâche est immense: il se doit d’être un modèle dans sa pratique, dans ses paroles; il doit transmettre le message de l’Evangile et de l’Eglise avec précision et avec les méthodes adéquates pour être entendu et écouté. L’Eglise se doit donc de mettre tous les moyens nécessaires pour une formation théologique, spirituelle et pédagogique suffisante. C’est une condition sine qua non pour que les catéchistes puissent mener à bien leur mission et répondre aux exigences de notre société.


Nicole Awaïs-Giroud, après avoir obtenu un doctorat en théologie et un DAS en didactique, a collaboré comme didacticienne et formatrice d’adultes dans la formation des enseignant-e-s en Valais et à Fribourg. Outre ses charges de cours à l’Université de Fribourg, elle travaille comme collaboratrice pédagogique dans la Fondation Education et Développement.

 

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