Revue Sources

Au petit matin de Pâques, Marie de Magdala reçoit cette consigne du Ressuscité qu’elle avait d’abord confondu avec le jardinier: « Va dire à mes frères: J’ai vu le Seigneur ». Une femme, l’apôtre des Apôtres, répand aux quatre vents l’étrange rumeur: « la mort n’a pas le dernier mot ».

Depuis près de deux mille ans, cette bonne nouvelle est répercutée par de milliers d’autres voix, relayées par des écrivains, des poètes, des peintres ou des musiciens – l’Alleluia de Haendel ! – qui modulent à leur manière le témoignage primitif de la Magdaléenne.

Toutefois, cette foule de témoins est impuissante à faire naître le moindre acte de foi. Ces hommes et ces femmes ne font que proposer et rendre crédible le message pascal. Ils ne sont que des balises sur un chemin qui peut être long. Ils ne remplaceront jamais le: »je crois » ou le: « je vois ». Entre les médiations humaines indispensables et la conviction du croyant, il y a donc place pour une expérience personnelle, mystérieuse, singulière et généralement indicible. Elle est de l’ordre de l’amour plutôt que de celui de l’esprit rationnel et ratiocinant.

A l’aube d’une « année de la foi », cette recherche n’est pas anodine.

Notre dossier a voulu aborder cette problématique difficile qui atteint de plein fouet la pastorale de nos Eglises. Nos aînés ont-ils raison de se lamenter du fait que leur foi ne se transmet plus? Nos catéchistes ne devraient-ils pas cesser de se culpabiliser face à tant d’échecs et d’indifférences au terme de longs efforts compétents et généreux? La question n’est pas réglée par le choix de nouvelles méthodes d’apprentissage ou par l’arrivée d’agents pastoraux qualifiés et bardés de diplômes. La réponse se situe au niveau de l’assentiment qui ne peut être que personnel.

Pour y voir plus clair, nous avons sollicité l’avis de théologiens, de biblistes, et, bien sûr, de personnes engagées et expérimentées dans l’art de la catéchèse. A l’aube d’une « année de la foi », cette recherche n’est pas anodine.

L’abondance et l’intérêt des contributions reçues ou sollicitées donnent à ce dossier une importance inaccoutumée. Nous avons conscience que les autres rubriques présentes habituellement dans nos numéros sont cette fois-ci éclipsées par le sujet du dossier. Que nos lecteurs se rassurent. Les numéros qui suivront respecteront la diversité des sujets auxquels ils ont droit.

Je termine cet éditorial par une note positive. Notre premier numéro « nouveau look » a été reçu avec faveur et même enthousiasme. Le thème abordé, le dialogue interreligieux après Assise, a suscité lui aussi beaucoup d’échos encourageants. Ces signes nous font du bien et soutiennent nos efforts et notre plaisir de vous servir.

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