Revue Sources

Deux termes assurément proches selon leur sens obvie. L’un et l’autre évoquent la faiblesse, la fragilité, la contingence, la caducité. Rien à voir avec la force, l’immunité, la durabilité et, pour tout dire, l’éternité. Le philosophe ou le moraliste découvre dans l’homme vulnérable comme un appel à la solidarité. Tandis que celui qui se prétend indemne et inoxydable s’enferme dans son bunker, croyant se protéger contre toute menace extérieure. En fait, la vulnérabilité reconnue et assumée crée des liens sociaux. Bienheureuse faiblesse, serait-on tenté de chanter. Bienheureuses plaies qui nous obligent à appeler au secours! L’humanité n’est-elle pas tissée de liens de mutuelles solidarités?

La vulnérabilité reconnue et assumée crée des liens sociaux.

On aurait aimé le croire, si le sociologue, à l’écoute du terrain, ne nous mettait pas en garde. Trop de personnes blessées crient en vain et demeurent ignorées ou marginalisées. Les bien portants craignent d’être contaminés en leur venant en aide, comme si ces malchanceux étaient victimes du virus Ebola. Est-ce le cas des centaines de milliers de Suisses qui vivent sous le seuil de pauvreté? Qui l’aurait imaginé dans un pays que la décroissance n’a même pas effleuré? Mais ces pauvres sont des millions de par le monde à se bousculer dans les bureaux sociaux. Pour désigner leur mal-être, on utilise le mot « précarité » qui est la version sociale et économique de la vulnérabilité. Notre dossier en brosse un tableau saisissant. Tout en indiquant quelques portes pour sortir de ces impasses.

Sources serait sans doute en droit de se demander si elle ne souffre pas elle aussi de vulnérabilité ou de précarité. Le nier serait mentir. Depuis quarante ans, notre revue ne vit que de la généreuse fidélité de son lectorat et de la foi de ses collaborateurs et collaboratrices bénévoles. Nous nous réjouissions de présenter à nos lecteurs nos vœux pour 2015. Mais il ne dépend que d’eux pour que de nouveaux souhaits leur parviennent de notre part à l’approche de 2016! Ils nous auront compris. Nous avons besoin de leurs abonnements et plus encore de leurs conseils et encouragements. Les temps sont durs pour l’édition. Et Sources ne fait pas exception.

Quarante ans c’est le temps d’une génération, mais aussi celui d’une traversée de désert. Avec ses serpents bien sûr, mais encore sa manne et ses cailles. La terre promise de Canaan serait-elle désormais à notre portée? A vous, chers lecteurs, chères lectrices, de nous le faire croire et nous aider à la percevoir.

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